SYSTEMES DE REPRESENTATIONS DES CONNAISSANCES
INTRODUCTION
L’homme
perçoit les éléments de son environnement à travers une représentation
spécifique. En effet, notre environnement est peuplé de signes de nature
diverse (son, image, etc) qu’il s’agit de décoder grâce au complexe
optico-neurologico-cognitif. C’est la médiation sémio cognitive.
Ainsi,
représenter une information c’est la penser pour interpréter ou construire la
réalité. Ce processus complexe fait appel à des facteurs de
« codification » qui facilitent la compréhension des signes. Pour
représenter les informations, nous recourons à des systèmes.
I.
SYSTEMES
DE REPRESENTATION
Préalablement,
il faut clarifier les termes « représentation » et
« système ». Beaucoup de collègues ses sont évertués à apporter des
définitions. On peut citer, entres autres : Al Hassane Nabaloum, la représentation
« est le faite de penser et
de reproduire un objet ou une chose à travers soit une image ou un signe
quelconque. C’est une action de rendre sensible une figue, ou signe. Comme pour
exemple la chefferie en pays Mossi (ethnie du Burkina Faso), le pouvoir
est représenté par un bonnet et une canne ».
Abdelli Houda définit le système comme « un ensemble d’éléments liés par des relations
multiples et capable en interaction avec son en environnement de répondre,
d’évoluer, d’apprendre, de s’auto-organiser ».
De ces
quelques définitions citées et non citées dans cette synthèse, il ressort qu’un
système de représentation est un système de codification ou de visualisation de
l’information.
I.1 : Typologie des systèmes de représentation :
Amadou
Dahou a eu la perspicacité dès le début
des échanges sur le forum de bien identifier les différents systèmes de
représentation : le système de représentation linguistique et le système
de représentation visuel. Chaque système possède ses propres règles qui
interfèrent dans la compréhension de ces représentations.
I.2 : Système de représentation linguistique :
a. Le signe comme clé de voûte du système :
dans le système de représentation linguistique, le signe est défini, par
Saussure, comme une « combinaison du concept et de l’image acoustique ».
Autrement dit, c’est l’association entre un signifié et un signifiant. A la
suite de Saussure, d’autres linguistes comme Barthes et Peirce distinguent les
signes linguistiques des signes sémiologiques (icône et indice) de la façon
suivante :
·
Pour le signe
linguistique : à un seul un signifié, correspond un seul signifiant. Le
lien entre le signifiant et le signifié est arbitraire. Exemple :
le mot « chien » ne mord pas (rapport arbitraire)
·
Pour le signe
sémiologique : à un seul signifié, correspond plusieurs signifiants. Le
lien est motivé car il est soit métonymique soit métaphorique. Exemples :
la fumée et le feu, le poing et la menace (rapport métonymique) / une
photographie d’une maison (rapport métaphorique).
b. Les niveaux de signification :
d’après Peraya, le signe sémiologique possède deux fonctions :
·
la dénotation (sens
unique non intentionnel). Exemple : la voiture dénote une fonction
utilitaire.
·
la connotation (sens
second porteur de signification). Exemple : une voiture de luxe
dénote une fonction utilitaire et connote un signe extérieur de richesse.
Pour
Hjelmslev, le plan de l’expression (perception) correspond au signifiant
sausurrien et le plan de contenu (compréhension) à son signifié. Barthes
introduit la forme et la substance comme deux aspects pour
faciliter la description linguistique. Dans son cours de sémiologie, Jaillet
donne l’exemple suivant : Substance de l'expression ce sera par exemple la
couleur et la forme de l'expression ce sera les couleurs sélectionnées pour par
exemple distinguer les joueurs d'une équipe de foot. Du point de vu du plan du
contenu on aura alors la forme qui sera Strasbourg et Marseille et la substance
l'origine des équipes de foot.
I.3 : Système de représentation visuel :
a. Le document visuel comme clé de voûte du système :
dans le système de représentation visuel, le document visuel, d’après
Peraya, est une représentation à la fois matérielle, figurative et analogique
qui permet de traiter l’information, de la stocker et de la représenter afin
qu’elle soit mieux exploitable par les apprenants.
Une classification, en fonction
de l’échelle d’iconicité, permet de distinguer : les photos, les schémas,
les graphiques, les tableaux, le langage verbal et le langage mathématique.
Peraya indique que « cette classification permet de structurer les
formes de représentation en fonction du degré d'abstraction des connaissances
et des représentations cognitives qu'elles sont susceptibles de véhiculer ».
b. Les fonctions des documents visuels :
d’après Peraya, les documents visuels possèdent des fonctions qui permettent
une bonne compréhension et une meilleure
lisibilité de ces documents. Ces fonctions sont : la fonction de représentation, la fonction d'information, la fonction diaphorique, la fonction d'étayage, la fonction esthétique et la fonction d'apprentissage.
Le modèle de la Linguistique descriptive : Hall et Trager « considèrent que les
éléments du plan de l’expression et ceux du plan du contenu sont investis du
statut de note par un schéma afin de constituer une série ».
Le processus de signification peut être formel ou informel mais le schéma est
technique.
Exemple : dans un cours de géographie physique à l’école
élémentaire, on fait savoir à l’apprenant que les expressions
« plaine », « montagne », « plateau » sont
respectivement en relation avec des contenus « plaine », « montagne »,
« plateau ». Inversement, l’enseignant montre à l’apprenant que les
contenus « plaine », « montagne », « plateau »
sont respectivement en relation avec des expressions « plaine »,
« montagne », « plateau » qui sont des images ou dessins.
Plateau,
plaine et montagne constituent des notes d’une série
« relief ».
De ce
fait, nous montrons le schéma qui lie le plan de l’expression
(perception) au plan du contenu (compréhension). Ce schéma ou cette
sémiosis se caractérise comme une sélection qui détermine la pertinence
des éléments des plans de l’expression et du contenu. Il en découle une harmonie
dans l’ordre d’agencement des séquences du cours car l’enseignant ne peut pas développer les
aspects humains, économiques et sociaux du pays étudié sans, au préalable,
étudier l’aspect physique qui les détermine et les conditionne.
c.
Les
facteurs de codification : il existe d’autres éléments qui interfèrent dans le
processus de compréhension des documents visuels : Les
codes socioculturels, la perception, les expériences personnelles, le degré
d’iconicité, la fonction désignative, le référent et le système de codage, la
structure topologique, l’organisation structurelle, les procédés rhétoriques,
le type de registre sémiotique, la nature de la fonction de médiation
(intersémiotique, parasémiotique ou trans-sémiotique).
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
·
Meunier, J.P & Peraya, D. Introduction
aux théories de la communication (2ème édition revue. http://aurorem.free.fr/partiels/sem7/cours/textessecondaires/peraya_meunier2004.pdf
·
Peraya, Daniel. (1999). Visualiser
l'information. http://tecfa.unige.ch/themes/tdsr/visuali/manuel/visuali-man-visuali-Contents.html
·
Peraya, Daniel. (2004). Une
approche expérimentale des représentations visuelles fonctionnelles. L’iconomètre
: méthodologie, instrumentation et résultats. Non publié. tecfa.unige.ch/tecfa/maltt/actu_recher/1203_dperV3.rtf
·
Depover, Christian.
et Al. (2000). Les théories de l’apprentissage. Université de
Mons
·
Meunier, J.P. & Peraya, D.
(2004). La sémiologie structurale à la recherche des codes in Introduction
aux théories de la communication.
·
Jaillet, Alain. (2010). Cours
de sémiologie
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