ECLAIRAGES SUR QUELQUES CONCEPTS FONDAMENTAUX EN DIDACTIQUE
(Première partie)
1.  LA MOTIVATION INTRINSEQUE
La motivation intrinsèque se définit comme un processus par lequel un apprenant réalise une activité pour satisfaire un désir personnel (plaisir d'apprendre ou sentiment d'accomplissement, défis à relever, etc).
D’après Bruno De Lièvre et Gaëtan Temperman, il existe différents modèles de la motivation parmi lesquels nous citons : le modèle du « résultat escompté » de Vroom et celui de « la Dynamique motivationnelle » de Viau.
Vroom montre que la motivation est définie autour de trois axes stratégiques :
ü  l’attente (quelle est mon espérance de réussite ?),
ü  l’instrumentalité (que vais-je obtenir suite à la tâche ?)
ü  la valence (quelle valeur accorder à la tâche ?).
Viau montre que les déterminants issus de la perception de l’apprenant (perception de la valeur d’une activité, de sa compétence et de la contrôlabilité d’une activité) induisent un engagement cognitif et une persévérance qui produisent comme résultat la performance scolaire.
D’après Deci et Ryan, la motivation intrinsèque est différente de la motivation extrinsèque qui est la recherche de raisons instrumentales (performance, besoin de reconnaissance et récompense).
2.  LES BUTS DE MAITRISE
Les buts de maîtrise représentent l'ensemble des compétences nécessaires pour satisfaire le désir d'apprendre et le développement des connaissances.
En effet, Dweck montre, à travers des études, que les apprenants qui sont animés par des buts de maîtrise ont plus de chances de réussir leurs activités d’apprentissage car ils sont plus engagés et plus persévérants sur le plan cognitif. De plus, les buts de maîtrise peuvent être fortement corrélés avec le sentiment d’efficacité personnelle mis en évidence par Bandura. En effet, les apprenants qui poursuivent des buts de maîtrise ont un sentiment d’efficacité personnelle très élevé.
D’après Bruno De Lièvre et Gaëtan Temperman, ce sentiment d’efficacité personnelle « a un effet sur l'action humaine au travers de trois mécanismes : cognitifs (se fixer des objectifs), motivationnels (adaptation des pratiques), affectifs (contrôles de l'anxiété et du comportement d'évitement) ».
3.  LES CONNAISSANCES CONDITIONNELLES
Les connaissances conditionnelles sont l'ensemble des stratégies cognitives et métacognitives mises en œuvre pour l'acquisition de compétence.
D’après Bruno De Lièvre et Gaëtan Temperman, les connaissances conditionnelles « correspondent à des catégorisations, des classifications et des discriminations ». En d’autres termes, les connaissances conditionnelles représentent les stratégies de réutilisation des connaissances déclaratives et procédurales.
Notons, d’après Tardif, que les connaissances conditionnelles (savoir agir) sont différentes des connaissances déclaratives (savoir dire) et des connaissances procédurales (savoir faire).
4.  LE TRANSFERT
Le transfert est la capacité d'un apprenant à réinvestir ses connaissances dans un contexte totalement différent de celui où ces connaissances sont apprises ou acquises.
Mérieu et Tardif proposent un modèle baptisé le « modèle de la dynamique du transfert ». Pour eux, Le mécanisme du transfert se déroule en trois (03) étapes :
ü  la contextualisation (découverte des connaissances dans différentes situations authentiques),
ü  la décontextualisation (généralisation des connaissances en mettant en évidence les indicateurs de structure),
ü  la recontextualisation (réinvestissement des connaissances dans une situation différente ayant les mêmes indicateurs de structure).
D’autres chercheurs, tels que Rey et Carette, présentent un autre modèle pour mettre en évidence que la résolution de problèmes nécessite une mobilisation, par l’apprenant, des niveaux de compétences. Ainsi, ils distinguent : la compétence élémentaire, la compétence élémentaire avec cadrage et la compétence complexe.
5.  L'ACTIVITE COGNITIVE
L'activité cognitive est l'ensemble des mécanismes mentaux mis en œuvre par un apprenant lors d'une phase d'apprentissage.
Dans la théorie constructiviste de Piaget, l’apprenant doit être actif pour pouvoir interagir avec son environnement afin d’intégrer les informations dans sa structure cognitive. Dans ce cas, l’activité cognitive est soit une assimilation soit une accommodation.
Dans le modèle de Jérôme de Bruner, l’apprenant est guidé par l’enseignant durant son apprentissage par découverte. Dans ce cas, l’activité cognitive est plus intense pour l’apprenant car elle nécessite des étapes d’essais-erreurs, de tâtonnements, de rectifications, etc. D’où l’importance du dispositif de guidage pour aider et épauler l’apprenant dans sa démarche pour être autonome.

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