THEORIES ET PRATIQUES PEDAGOGIQUES : de l’antiquité grecque jusqu’a nos jours
La naissance du IIIème millénaire est caractérisée par des mutations paradigmatiques sans précédent dans l’histoire de l’humanité. En effet, les sociétés contemporaines passent de l’ère industrielle à l’ère de l’information et de la communication due à la révolution du multimédia (numérisation du texte, de l’image, du son et du chiffre). Cette révolution numérique affecte des secteurs entiers de l’activité humaine parmi lesquels nous pouvons citer le secteur stratégique de l’éducation et de la formation qui détermine l’avenir d’une société.
Ainsi l’éducation des générations actuelles et futures devient un enjeu primordial dans un monde globalisé où la connaissance est devenue une valeur marchande. A cet effet, la pédagogie, en tant art et méthodes, devient inévitablement une des réalités les plus actuelles dans la nouvelle société du savoir qui se met progressivement en place. Comprendre la pédagogie devient, ainsi, une nécessité et une urgence pour mieux appréhender l’avenir de nos sociétés.
Pour cela, deux chercheurs Clermont Gauthier et Maurice Tardif nous invite à une découverte de l’évolution des théories et pratiques de la pédagogie depuis la Grèce antique jusqu’à nos jours, en passant par le moyen-âge, la Renaissance et le monde contemporain. Ce voyage initiatique permet de mieux cerner la vitalité et la richesse des différentes approches pédagogiques dans le monde occidental.
      I.        L’ANTIQUITE GRECQUE :
La Grèce fut un grand carrefour commercial et culturel. Cet atout fait qu’il y ait un brassage d’idées provenant d’horizons différents. Ainsi, le modèle familial ne suffit plus pour répondre à la demande d’éducation d’une société en mutation qui considère l’éloquence, dans les débats publics, comme un enjeu de pouvoir. Dans cette atmosphère, l’éducation devient un ascenseur d’accès aux différents du pouvoir grec. Deux modèles éducatifs marquent cette période : la maïeutique socratique et l’approche par objectifs de Platon.
Principes :
Le modèle éducatif de Socrate fondé sur le principe suivant : l’éducation permet de former un individu dans sa totalité grâce à un apprentissage concret dont les deux finalités sont : connaître la vérité et devenir meilleur.
Le modèle éducatif de Platon fondé sur le principe suivant : l’éducateur doit s’appuyer sur des savoirs objectifs à faire acquérir à l’apprenant.
    II.        LA TRANSITION ROMAINE :
Avec l’effondrement de la Grèce et son remplacement par l’empire romain caractérisé par la primauté de l’état sur les individus par le Droit et la Justice, nous assistons à l’émergence du modèle éducatif romain tributaire des grecs.
Principes :
Le modèle éducatif romain qui considère que la finalité de l’éducation est de former de futurs citoyens fidèles et loyaux à Rome.
   III.        L’ERE CHRETIENNE :
La Chrétienté apparaît sous l’empire romain. Elle propose une vision du monde adossé à la foi issue de l’étude des textes sacrés. Le Christianisme s’inspire du pragmatisme romain et de la culture grecque. Ainsi, la Chrétienté considère que l’éducation doit être au service de la foi et de la sauvegarde des lettres.
Principes :
Le modèle éducatif chrétien fondé sur le principe suivant : l’éducation et l’instruction sont structurées selon un corps de doctrines, un système de raisonnements et d’idées.
  IV.        LA RENAISSANCE HUMANISTE :
Du milieu du 14ème siècle à la fin du 16ème siècle, le monde connut une période appelée la Renaissance qui prône la redécouverte de l’enseignement grec (modèle ou mines de savoirs) pour véhiculer l’idée de communauté humaine.
Le 17ème siècle fut caractérisé par l’apparition de l’imprimerie, la réforme protestante de Martin Luther et la massification des effectifs dans les établissements de l’époque. Il fallait une méthode d’enseignement pour répondre au problème nouveau : c’est la naissance de la pédagogie en tant que science et art.
C’est dans cette atmosphère que Jean-Jacques Rousseau publie ses réflexions sur l’enfant et bouleverse durablement l’orientation de la pédagogie. En effet, Rousseau propose un modèle éducatif dont la finalité est permettre à l’apprenant de conserver sa bonté naturelle.
Plusieurs modèles éducatifs voient le jour sous la houlette de Erasme, Rabelais, les jésuites et Rousseau.
Principes :
Le modèle éducatif d’Erasme fondé sur le principe de l’éducation pour que l’apprenant puisse imiter les meilleurs de la culture et de la civilité.
Le modèle éducatif de Rabelais fondé sur le principe de l’éducation pour la libre expression et contre la délinquance.
Le modèle éducatif des jésuites fondé sur le principe du contrôle, de l’ordre et de la discipline.
Le modèle éducatif de Rousseau fondé sur le principe du respect des différents stades de développement de l’enfant.
    V.        LE MONDE CONTEMPORAIN :
C’est durant la deuxième moitié du 19ème siècle que la pédagogie traditionnelle elle fut critiquée par les positivistes et les tenants de la pédagogie nouvelle. Les principales critiques adressées à la pédagogie traditionnelle sont : le fait qu’elle repose sur des principes sans fondement scientifique, le fait que l’enfant reste passif dans l’acte d’apprentissage, le fait que le maître occupe la place centrale et le fait que la transmission du savoir est unidirectionnelle (du maître à l’élève).
Pour les positivistes, l’éducation est une science qui doit apporter des réponses fiables sur les questions éducatives. Ainsi, tout naturellement, la pédagogie doit se fonder sur des bases scientifiques pour éclairer les problèmes d’enseignement / apprentissage. Les horreurs de la première guerre mondiale de 1914 – 1018 ont été un élément catalyseur dans la naissance et le développement de la pédagogie nouvelle caractérisée par la centralité de l’apprenant qui est actif dans l’acte d’apprentissage. L’enseignant joue le rôle de personne ressource au service du développement de l’élève.
La pédagogie nouvelle est fortement dépendante des travaux en Psychologie et deviendra par la suite son domaine appliqué. Elle est traversée par plusieurs courants (mystique, scientifique et la tendance liée à la coopération). Les penseurs les plus connus sont : Maria Montessori, Célestin Freinet, Alexander S. Neill, Rudolf Steiner et Carl Rogers.
Principes :
Le modèle de la Pédagogie nouvelle est fondé sur le principe suivant : former l’enfant pour lui-même et par lui-même en le respectant pour qu’il respecte les autres.
Les différents courants de la Pédagogie nouvelle se distinguent par rapport à certains aspects liés à l’acquisition de la connaissance ou à la finalité de l’éducation.
ü  Selon la Psychologie associationniste : la connaissance est un conditionnement par répétition.
ü  Selon la Psychologie cognitive : la connaissance est un processus de traitement de l’information et de construction du savoir.
ü  Selon Montessori : l’être humain se réalise lui-même.
ü  Selon Freinet : chaque enfant en tant qu’être humain est unique et doit se développer dans une société auquel il participe.
ü  Selon Neill : il faut laisser l’enfant se réaliser pleinement sexuellement.
ü  Selon, Steiner : l’éducation doit développer les trois facultés ensemble : la volonté, le sentiment, la pensée.
ü  Selon Rogers : l’élève détient en eux toutes les ressources pour se transformer, pour apprendre.
Ces différents courants pédagogiques se complètent et concourent à réaliser les objectifs de la Pédagogie nouvelle.

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