LA SEMIOLOGIE STRUCTURALE A LA
RECHERCHE DES CODES
(2ème partie)
III.
CONSEQUENCES
DE L’UTILISATION PEDAGOGIQUE DES SIGNES ARBITRAIRES ET DES SIGNES
ANALOGIQUES :
En sciences physiques, l’enseignement
repose sur un usage régulier de différents systèmes de signes sémiotiques
(symboles, modèles, pictogrammes, schémas, diagrammes, équations, lois, etc)
pour représenter les concepts étudiés dans les phénomènes physico-chimiques.
III.1 :
Identification des registres sémiotiques
Duval (1995) propose la notion de
registre sémiotique pour mettre en évidence la construction des connaissances
en sciences. Pour lui, « le registre sémiotique est un système de signes
dotés de trois fonctions cognitives fondamentales : une fonction de
communication, une fonction de traitement et une fonction
d’objectivation ». Ainsi, d’après Duval, le registre sémiotique présente
un intérêt fondamental dans l’analyse des difficultés rencontrées par les
apprenants car il leur permet de distinguer un objet conceptuel et sa
représentation sémiotique. Voici un exemple de représentation d’un concept
(pression) dans plusieurs registres sémiotiques.
III.2 :
Modèles langagiers et élaboration d’une taxonomie des signes
Il est important, pour un enseignant,
de bien distinguer le langage ordinaire du langage scientifique. Wellington
(2000) propose une taxonomie des signes et symboles utilisés en sciences selon
quatre niveaux d’abstraction croissante, allant des termes désignant des
substances aux symboles chimiques et mathématiques. Par contre, Déhon et
Snauwaert proposent, dans le cadre de l’apprentissage de la chimie, une
taxonomie des systèmes sémiotiques et des modèles langagiers. Leur modèle
présente l’avantage d’être exhaustif pour prendre en charge certaines
difficultés rencontrées par les apprenants dans la compréhension correcte des
phénomènes chimiques.

Modèle taxonomique des systèmes
sémiotiques de Déhon-Snauwaert
III.3 : Choix
de manuels scolaires sur la base des registres sémiotiques
Les études faites sur les manuels scolaires
ont montré, d’après Déhon et Snauwaert, des erreurs de lecture ou de
compréhension induites chez les élèves par des représentations combinant symbolisme
et réalisme. En effet, les articulations entre les registres sémiotiques, les
modèles langagiers et les différents systèmes de signes ne sont pas pris en
compte dans l’élaboration des manuels scolaires. Ce même phénomène est souvent
rencontré aussi dans l’élaboration des programmes scolaires.
IV.
CONCLUSION :
L’étude sur les différenciations des
signes arbitraires et des signes analogiques (visuels) fait ressortir la
nécessité de revoir la formation initiale des enseignants sur la les modèles
langagiers et d’introduire l’épistémologie du symbolisme dans les activités de
formation continue.
V.
BIBLIOGRAPHIE :
ü
Meunier J.P. et Peraya D, Extrait de l’ouvrage Introduction aux
théories de la communication, de Boeck.
ü
Jérémy Déhon et Philippe Snauwaert, Les
systèmes sémiotiques en chimie : établissement d’une taxonomie et analyse
langagière d’un programme de sciences et de manuels scolaires (grades 7 et 8),
9e rencontres scientifiques de l'ARDiST- 30,31 mars et 1 avril 2016, LENS
ü
Peraya D et Nyssen MC, les paratextes dans les manuels
scolaires de biologie et d’économie : une étude comparative, Archive
ouverte UNIGE, 1995
ü
Damien Givry et Alice Delserieys, Quel est l'impact des
registres sémiotiques sur l'efficacité d'une séquence d'enseignement sur les
gaz pour des élèves de Seconde?, Hal Archives ouvertes 2013
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